Affichage des articles dont le libellé est jury. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jury. Afficher tous les articles

mercredi 4 décembre 2013

Dis moi où tu habites et je te dirai si ta candidature est valable !

Il y a peu de temps, je regardais les infos nationales faisant état des soucis de transports en région parisienne et plus généralement dans toutes grandes capitales régionales, comme Lyon ou encore Bordeaux.
Lenteurs en tous genres, soucis techniques et retards des trains, des bus ou des navettes, métros et trams bondés, routes et rocades saturées ... bref, le cauchemar d'une bonne partie des salariés qui doivent faire plusieurs kilomètres pour se rendre sur leur lieu de travail.

A eux de se débrouiller pour arriver à l'heure à leur poste et commencer une longue journée au boulot.

Lors de mon dernier entretien, il m'a été indiqué de façon fort polie et diplomatique, mais cela a quand même été dit que mon domicile était un "peu éloigné" du poste.
Le calcul kilomètre/temps m'a même été demandé et mis en corrélation avec le propre calcul effectué par le service RH.
Heureusement, nous sommes tombés d'accord sur les chiffres : 40 minutes de route pour 41 kilomètres sur un belle nationale toute refaite.

Visiblement, cette distance qui, dans un premier temps, n'a pas posé de problème à la prise en compte de ma candidature, est devenue un souci pour espérer travailler dans cette collectivité.

Vous sentirez vous capable de faire tous les jours la route ? a demandé un des élus présents
Avez vous une voiture correcte pour faire ce trajet ? a demandé le DG
N'avez vous pas peur de la fatigue liée au voyage ? a demandé un autre élu

Aucun des membres du jury n'a estimé utile de confirmer mes dires sur le fait que 3 autres possibilités de transport s'offraient à moi : le bus, le train et le covoiturage pour relier la préfecture du département à ce chef lieu de canton.

Le jury s'est également abstenu de tout commentaire quand j'ai annoncé que j'avais déjà plus de 2 heures de transport par jour aller-retour pour me rendre à mon travail et qu'en presque 3 ans, je n'avais été absente qu'à une seule reprise pour cause d'aléas climatiques rendant la circulation impossible.

Aurait on posé la question à un homme ?
Se serait on soucié de la qualité de son véhicule ?
Que penser du lien adresse du domicile / temps de trajet / kilométrage et compétences ?

J'ai postulé le mois dernier pour un poste à moins de 10 km de mon domicile ... au moins le kilométrage ne devrait pas poser problème ... 


















vendredi 4 octobre 2013

Non, mais allô quoi ... t'es une femme et tu veux bosser à temps plein ?

Bon, j'avoue le titre donné à cet article peut faire sourire ... c'est fait pour ... mais aussi pour alerter sur le caractère insidieux de certaines questions et/ou affirmations délivrées par des jurys de recrutement.

Car oui raz-le-bol de ces questions sur le fait que je sois une femme sur un poste à temps non complet qui postule sur un poste à temps complet.

Déjà, pour certains, difficile de faire la distinction entre un temps non complet et un temps partiel : j'ai même récemment expliqué à une personne "haut placée" d'une collectivité, la différence entre un poste ouvert à temps non complet et un temps partiel ... Je ne donnerai ni le grade ni le statut de cette personne, mais je puis vous assurer, qu'autant de méconnaissance sur ce sujet pour un agent de sa catégorie et de sa position hiérarchique, m'a fait frémir ... de honte pour lui ... et de peur pour ses agents.

Donc la question qui revient environ une fois sur deux en entretien est :

"Alors vous avez des enfants et vous travaillez à temps partiel ?"
ou la variante "en pire" : "donc vous êtes à temps partiel, euh non à temps non complet ... bref c’est la même chose ... c'est bien ça ?"

"et vous voulez travailler à temps plein ?"
ou "vous avez des enfants, ça ne va pas poser de problèmes de passer d'un temps partiel à un temps complet ?"
ou encore "vous vous rendez bien compte que vous postulez à un poste de 35 heures hebdomadaires Madame, c'est à dire un temps complet ?"

Oui c'est vrai ! Je dois être la dernière des nouilles !
Me suis-je réellement rendue compte que je postulais pour travailler plus alors que je pourrais rester à la maison à m'occuper de ma nombreuse marmaille (qui a largement dépassé le stade des couches, du biberon et de la maternelle), du ménage et de la cuisine ?



Mais crotte quoi !!!!!

Oui, j'assume de vouloir travailler sur un temps complet.
Oui, auparavant je travaillais à temps complet, tout en conciliant parfaitement ma vie professionnelle et personnelle.
Oui, le poste sur lequel j'exerce mes fonctions a été créé très officiellement à temps non complet.
Non, ce n’est pas mon choix de travailler à temps non complet, mais le poste a été créé ainsi et le temps de travail afférent ne sera visiblement pas modifié par ma collectivité.
Et non, le fait d'être une femme et d'avoir des enfants n’empêchent nullement de travailler à temps complet et de faire du bon boulot.

Je tiens à préciser que :
dans 99% des cas se sont les élus et DGS masculins qui posent ces questions
que si une femme est présente dans le jury et que ce sujet est abordé : soit elle devient un peu "rouge" ou un peu "blanche" ... de honte (?) ou alors elle détourne le regard ...

Bravo la solidarité féminine.

mercredi 25 septembre 2013

Candidatures spontanées et entretiens : le récap' !

Ce matin, j'ai fait du classement, enfin plutôt un peu d'archivage des réponses reçues suite à des offres d'emploi ou à des candidatures spontanées.
Je me disais tout en rangeant les documents, que ce serait peut être une bonne chose de faire un récapitulatif de mes recherches, une sorte de mémo en fait.
Bon, je sais, c'est un peu tristounet. Quelque part, ça met en avant les réponses négatives des collectivités et mes "défaites" face aux divers jurys.
D'un autre côté, ça me permet de visualiser mon cheminement dans la jungle territoriale ...
J'a toujours reçu des réponses à mes courriers dans plus de 9 cas sur 10. Je considère qu'une non-réponse équivaut à une réponse négative.
Donc, même pas peur, voici le récap' par type de collectivité au 10/10/2013 :

les réponses négatives suite à envoi de ma candidature spontanée

2011
conseil général = 2
mairie = 2
syndicat = 1

2012
conseil général = 1
mairie = 2
syndicat = 1

2013
centre de gestion = 1
communauté de communes = 4
conseil général = 1
mairie = 4

les réponses négatives suite à la non sélection de ma candidature pour un poste (ou pour décision de différer le recrutement *)

2011
communauté de communes = 1
mairie = 2

2012
centre de gestion = 1
conseil général = 1 et 2*
mairie = 2
SDIS = 1
syndicat = 1

2013
communauté d'agglo = 2
conseil général = 1
mairie = 2
syndicat = 1

les réponses négatives suite à entretien devant le jury

2011
communauté d'agglo = 1
mairie = 1
syndicat = 2

2012
communauté d'agglo = 1
mairie = 1

2013
centre de gestion = 1
communauté d'agglo = 1
communauté de communes = 2
mairie = 4
syndicat =  2

2014
mairie = 2

... à suivre ...

samedi 7 septembre 2013

Question de profil ....

Il y a un peu plus d'un an, j'ai fait partie des 6 candidats convoqués pour passer un entretien de recrutement pour un poste administratif dans une communauté d'agglo : poste administratif avec travail en équipe et occasionnellement avec les autres services dont le service technique.
Bref, annonce classique pour ce type de poste.

Rien sur l'offre parue ne laissait envisager la suite.

Accueillie par une DRH bafouillant des excuses pour le non respect de l'horaire (plus de 30 minutes de retard), je me retrouve face à un jury composé de 5 personnes : dont 2 élus (membres de la commission RH et technique), la DRH, son adjoint et le chef du service concerné par le recrutement.
L'atmosphère me semble tendue, mais bon pas plus que d'habitude.
La DRH me demande alors de me présenter rapidement avant l'entretien à proprement dit.

Aussitôt fini ma présentation, je suis apostrophée (oui, on peut appeler cela comme ça) par l'élu de la commission RH qui me dit ceci (c'était tellement insolite que je l'ai noté après sur ma feuille de convo de retour dans ma voiture) :

"Madame, franchement, je me demande bien ce que vous faites ici. Je ne sais pas pourquoi vous êtes là, devant nous, qui vous a fait venir, mais je peux vous dire que vous n'avez en rien le profil du poste."

Et paf dans ta tronche de candidate !
Et paf aussi dans la tronche du service RH qui gère les candidatures ...

Regards gênés autour de la table, murmures de désapprobation, reprise en main par la DRH qui ne sait plus comment faire pour lancer la suite de l'entretien qui est bâclé en moins de 5 minutes.

J'ai gardé mon sang-froid, en m'assurant quand même de défendre ma candidature.
J'ai un peu de fierté quoi !

Lui, ne m'a plus jeté un seul regard jusqu'à la fin de l’entretien et n'a même pas daigné me saluer.

La DRH m'a raccompagnée dans le couloir, en bredouillant à nouveau des excuses ... mais là pas pour l'heure du RV.

J'ai attendu plus de 6 semaines avant d'avoir une réponse par courrier. Réponse négative bien évidemment mais assortie d'une précision : le poste avait été supprimé tout simplement dans le cadre de la réorganisation du service.

Tout ce que je peux dire sur cette affaire, c'est que l'élu n'avait vraiment pas le profil d'un recruteur.










vendredi 2 août 2013

Piston or not piston ...

Attention ! Voici 3 mots à employer avec discernement, intelligence, délicatesse et modération dans la FPT. (définitions du wiki)

Piston : action par laquelle une personne est recrutée pour un emploi (ou tout autre poste) grâce à l'appui d'une connaissance qui, travaillant souvent au sein de l'entreprise (ou de l'organisation concernée), va recommander le candidat à l'employeur.

L'employeur valide généralement les compétences du candidat recommandé avant de l'employer.

Cette pratique est souvent mal perçue car elle peut représenter un favoritisme de la part de l'employeur, et être considérée comme de l'arrivisme de la part du candidat (phase de recrutement moins longue etc.). C'est une forme officieuse de cooptation.

Cooptation : est un mode de recrutement consistant, pour une assemblée, à désigner elle-même ses membres.

Copinage : pratique politique qui consiste à nommer à un poste (poste de responsabilité ou simplement un emploi bien rémunéré) une personne, non sur un critère de compétence, mais parce qu'elle est une amie.

Oui, je lâche des mots, comme ça, histoire de rien.
Mais c'est justement ces pratiques qui sèment le trouble chez la candidate que je suis et qui en a -un peu- profité pour son tout premier poste.

Il y a quelques semaines, je suis dans une salle d'attente avec une autre candidate dans le fauteuil opposé, pour passer devant le jury. C'est une salle en open-space avec des plantes vertes et des colonnes de déco qui font que l'on peut voir et entendre sans être forcément vu. Calée dans mon siège, un journal à la gloire de la collectivité dans les mains, j'entends une porte s'ouvrir, des talons qui claquent sur le carrelage de la pièce et un échange discret, mais tout à fait audible pour qui veut, entre le DGS et une autre candidate :
"Oui c'est parfait, à très bientôt alors"
"Oui à très vite ...."
Je me retourne et tombe sur la scène que l'autre candidate qui patientait avec moi, avait juste en face d'elle, derrière la plante verte, à côté d'une des colonnes : le DGS qui donnait une tape amicale sur l'épaule d'une candidate, avec un grand sourire.
Sourire qui s'est transformé très vite en sourire gêné et forcé quand il a remarqué notre présence.
Ben oui mon grand, tu as 2 autres candidates qui ont assisté à ça !

Regard complice et désabusé avec l'autre candidate témoin de l'échange.
Nous avions toutes deux compris : l'affaire était entendue et déjà conclue avant même la fin des entretiens.

Pourquoi ?
Oui, pourquoi faire déplacer les candidats alors que tout est réglé en amont ?
Pourquoi ne pas avouer que :
oui, on privilégie nos administrés ...
oui, on privilégie l'amie du père de la sœur de l'adjoint ...
oui, on ne prendra pas forcément quelqu'un qui a de l'expérience mais plutôt la jeune diplômée (cousine du président) qui vient d'avoir le concours et qui ne sera pas opérationnelle avant d'avoir fait tous les jours de formations obligatoires ...
oui, on a choisi une personne qui n'a pas vos qualités ni vos compétences mais qui était inscrite au Pôle emploi de la commune ... 
oui, on a aussi ouvert le poste en catégorie B mais on va recruter en catégorie C parce que ça coûtera moins cher à la collectivité ...
oui, on a fait appel au CDG pour nous épauler dans le recrutement, mais vous comprenez, Monsieur le Maire avait déjà sa préférence ... 
oui, on fait venir 10 candidats pour montrer aux conseillers de l'opposition que le recrutement est ouvert à tous mais on va tout de même recruter en interne une personne qui "est du bon côté" ...

Tous ça sont des exemples réels, du vécu ... et ça m'énerve.












dimanche 28 juillet 2013

Plus on est de membres du jury, plus ...

Je n'ai, à vrai dire, aucune idée du nombre correct ou parfait de membres dans un jury de recrutement.

2 ?
5 ?
8 ?

Il me semble que 3 à 5 personnes peuvent former un bon jury : avec un travail de préparation dans le choix des candidats, une présélection qui évitera les tergiversations lors de l’entretien et une information précise des attentes sur le poste. 
Un petit groupe soudé me semble donc plus réceptif et enclin à gérer correctement et avec discernement un recrutement.

A ce stade, vous avez le maire de la commune (ou le président de l’établissement public), le 1er adjoint et le 2ème adjoint et 1 ou 2 conseillers municipaux, parfois le ou la secrétaire de mairie et éventuellement la personne déléguée du CDG dans le cadre de l'appui au recrutement.

Six et plus : on entre dans ce que j'appelle les "gros jurys" pour parfois des postes ouverts dans une petite collectivité.
Mais on peut aller bien au-delà.

Par deux fois, pour un même recrutement, j'ai rencontré un jury composé de 10 personnes : le maire, les 4 adjoints au maire, 2 conseillers municipaux, la DGS, le chef du service technique et l'agent qui allait partir dans le cadre d'une mutation.

Dès le premier entretien, les bonnes conditions d’écoute n'étaient pas au RV, il y avait des apartés et des mines fatiguées. 20 candidats avaient été en effet retenus pour passer la présélection. Une journée complète dédiée aux entretiens.
Passant en fin de journée, j'ai pu remarquer qu'un des élus montrait des signes d’énervement car il n’entendait pas (prothèse auditive), que plusieurs avaient "lâché l'affaire" et marmonnaient dans leur coin, et que le maire et la DGS essayaient tant bien que mal de continuer à motiver les troupes pour poser des questions.
Le malheureux agent "sur le départ"qui voyait défiler des remplaçants potentiels, était, lui aussi mal à l'aise.

Quelques jours plus tard, on reprend presque les mêmes (2 nouveaux conseillers municipaux) et on recommence ... avec 3 candidats ... pour répéter ce qui avait dit la fois précédente ... et pour apprendre 15 jours plus tard que la collectivité ne donnait pas suite et allait effectuer son recrutement en interne avec un agent déjà en poste dans la collectivité.

Tout ça pour ça !


Un peu de transparence ...

Oui un peu de transparence et de clarté dans le petit monde obscur des jurys de recrutement.

Une seule et unique fois, j'ai eu droit à un propos clair, objectif et semble t-il sincère de la part d'un jury. C'est le maire qui, après m'avoir accueillie, après que le jury se soit présenté individuellement, a repris la parole pour m'expliquer certains points.

le poste : un rapide résumé du poste et de ce qui était attendu en terme de compétences professionnelles
le pourquoi de ma présence : je faisais partie des meilleurs CV sur presque une quarantaine reçus. Il avait des notes sur mon CV et a donc souligné les points intéressants qui faisaient que j'étais là devant le jury.
le nombre de candidats : 4
et cerise sur le gâteau : une information précise sur la façon dont il considérait gérer ce recrutement.
A savoir :
le poste était une réelle création d'emploi
toutes les dossiers de candidatures avaient été soumis au même traitement (non prise en compte des dossiers arrivés hors-délais et respect du grade demandé)
personne n'avait été favorisé lors de l'examen des CV (double examen des CV par 2 personnes différentes avec mise en commun des résultats)
aucun recrutement en interne prévu pour ce poste
qu'il n'avait pas donné suite à des tentatives "d'arrangement" pour permettre l'accès à ce poste "à des personnes bien intentionnées" ou des "agents soutenus par d'autres élus"
qu'il considérait que le "copinage" n'était pas correct et qu'il souhaitait y mettre un terme pendant son mandat.

Je n'ai pas été recrutée mais cette demi-heure d'échange "intelligent et professionnel" a été un soulagement pour moi. 

Je suis peut être naïve, mais son discours m'a semblé vraiment honnête.

Il existerait donc encore des jurys qui valent la peine qu'on se décarcasse et des élus honnêtes (en tous les cas sur ce dossier) qui ont le courage de dénoncer certains procédés.

Face au jury, quand on réfléchit à ses qualités et à ses défauts !